Pour comprendre le comportement d'achat des consommateurs, une nouvelle
technique est apparue au début des années 2000 aux Etats-Unis et a fait depuis
peu son apparition en France. Il s'agit du neuromarketing. Comme son nom
l'indique, cette méthode combine deux éléments : les neurosciences et le
marketing.
Cela consiste à analyser l'activité cérébrale du consommateur à la
vue d'un produit (au moment de son acte d'achat) ou d'une publicité, à l'aide
d'un scanner (ou IRM). Selon les inventeurs de cette technique très
sophistiquée, quand une personne achète tel produit, cela signifie qu'elle le
désire fortement, et dans ce cas précis, sur l'IRM, il apparaît nettement qu'une
partie particulière du cerveau est stimulée : il s'agit du putamen qui est le
siège des plaisirs immédiats et instinctifs et qui fait partie de la « zone
inconsciente » sur cerveau.
Les émotions du consommateur sont en quelque
sorte brutes ; elles ne peuvent être troublées par son environnement, sa
conscience. C'est pour cela que les méthodes anciennes du marketing basées sur
les sondages, les tests paraissent peu fiables car ce que prononce la bouche
peut être différent de ce que le cerveau ressent immédiatement (le design,
l'idée que l'on se fait d'une marque… peuvent tout changer !)
Grâce à
cette découverte, des entreprises (comme Coca-Cola, des banques américaines) ont
décidé d'analyser les réactions procurées par leurs produits afin d'adapter au
mieux ces derniers et leurs messages publicitaires au « goût » des
consommateurs.
Le neuromarketing apparaît donc comme une nouvelle
branche du marketing. C'est un peu comme l'El Dorado pour les entreprises. Quoi
de plus magique que de rentrer dans le cerveau des consommateurs pour savoir
exactement, précisément quoi et comment leur vendre.
Cela ouvre la voie à de
nouvelles campagnes publicitaires d'un autre genre : plus ciblées, plus à
l'écoute des envies des consommateurs… Le neuromarketing deviendrait ainsi la
panacée…
Mais n'est-ce pas là un portrait trop idyllique de cette
nouvelle technique de marketing ?
En effet, d'emblée, on peut remarquer une
chose très discutable : avec le neuromarketing, on utilise les techniques de la
science, en l'occurrence les IRM, à des fins purement commerciales. L'éthique
médicale s'y oppose fortement d'ailleurs. Des garde-fous ont du reste été mis en
place pour contrôler l'usage du neuromarketing aux Etats-Unis.
De plus,
l'idée de manipulation est sous-jacente, omniprésente. Or, qui dit manipulation,
dit tromperie. Le but des entreprises est de manipuler le cerveau du
consommateur pour qu'il achète son produit. Là, avec le neuromarketing, la
manipulation semble plus profonde : ce sont les émotions primaires, presque
inconscientes du consommateur qui sont visées. Par conséquent, ce dernier court
le risque d'être manoeuvré à son insu !
Alors, finalement, le
neuromarketing est-il dangereux pour le consommateur ?
Il ne semble pas, du
moins pour l'instant.
En effet, peu d'entreprises y ont recours car les
études de neuromarketing coûtent très cher (les IRM ne se trouvent pas à tous
les coins de rue !). D'ailleurs, les entreprises qui les commandent préfèrent le
faire discrètement car l'opinion est plutôt défavorable à l'idée que l'on puisse
s'introduire d'une telle manière dans son cerveau.
Certes, des entreprises se
sont engouffrées dans ce créneau « juteux » mais en y regardant de plus près,
les études proposées n'ont rien de vraiment scientifique.
De toute façon,
est-il aussi facile que cela de manipuler le cerveau des gens ? Apparemment non.
L'acte d'achat est extrêmement complexe et entre en jeu une multitude de
facteurs autres que le plaisir immédiat et instinctif.
Finalement, le
neuromarketing apparaît, pour l'instant, simplement comme une nouvelle façon de
faire du marketing, comme un nouveau moyen pour les entreprises de vendre plus.
Cela semble ouvrir simplement la voie à de nouvelles publicités qui agiront
différemment sur le consommateur : elles auront pour but de stimuler notre
mémoire implicite, de laisser des traces dans notre cerveau sans qu'on en ait
vraiment conscience. Une autre sorte de manipulation peut-être
?
Co-auteurs : BRUNET Isabelle et GAWELIK Katy
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Co-auteurs : BRUNET Isabelle (spécialiste en développement personnel) et
GAWELIK Katy (Docteur en droit, spécialiste en bien-être et en épanouissement
personnel)
N'hésitez pas à visiter le site : http://www.abondance-editions.com
Source: http://www.contenulibre.com/?cat=28